16 juin 2007
Aucun recours...
"La véritable tragédie de Faust, ce n'est pas qu'il ait vendu son âme au diable. La véritable tragédie c'est qu'il n'y a pas de diable pour vous acheter votre âme."
(Romain Gary - La promesse de l'aube)
Commentaires
J'ai explosé de rire en lisant cette phrase.
C'est drôle ...C'est quelque chose que j'aurais pu dire.
Bon, ok, j'arrête de crâner.
Je ne vais pas en plus avoir la prétention de lui ressembler.^^
En même temps, si ce diable pouvait acheter notre âme, l'acte perd tout de suite de son charme noir et desespéré. Non ?
Et en plus, si vraiment on pouvait vendre son âme au diable, désespoir charmant devient tout de suite vulgaire, notion d'argent oblige (et attitude bourgeoise - donc faux-cul - face à l'argent).
Ou alors cela devient encore plus désirable (de savoir que notre âme a un prix) mais dans ce cas on est soit :
* issu d'une famille de pauvres et savoir qu'on peut éventuellement valoir cher devient excitant comme un dimanche tuning mais l'acte n'atteint aucun degré de grandeur (la grandeur se basant ici sur une échelle pseudo littéraire torturé de merde où on prend en compte l'héroïsme, le courage ainsi que le pathétique de la chose, en l'espèce vendre son âme et donc accepter l'idée que le prix qu'on lui donnera n'est pas forcément celui qu'on imagine)
* d'une famille de riches, on est le canard boiteux parmi tous ces ambitieux aux allures faussement modestes, on a préféré la jouer rebelle malgré nous, on a une vie à la MOINS QUE ZÉRO, coke, légèreté apparente et profond désespoir, le sentiment mortel de vivre pour une image à respecter, le sentiment vérifié que notre bonheur n'est pas la priorité pour les gens qui nous entourent et nous ont fait, l'envie de mourir plutôt que de finir par admettre ce constat désarmant et donc finir par ressembler à ces proches mort-nés, le vide existentiel du riche qui n'assume pas en somme, un vide appelant au suicide qu'il vaut mieux cacher sous des artifices (un peu comme le cliché Beigbeder, sauf que lui a du talent et là ça change la donne, mais si je parle de cette version du désespoir je ne m'arrête plus) sous peine d'être forcément étiquetté "pauvre petit gosse de riche qui dépense l'argent de la famille pour pouvoir déprimer dans le confort et la dope de qualité". Là, finalement, vendre son âme revient à la même chose que pour celui qui est issu d'une tribu d'ouvriers sauf que, détail essentiel, lui se fout du prix que le diable donnera à son âme car l'argent n'est pour ce mec paumé qu'un meuble, presque invisible, un truc qui est inhérent à sa condition, il vit l'argent comme il respire. A la limite, pour lui, l'argent n'a qu'une odeur, celle de la coke sur le billet de 200 € qu'il roule. (parenthèse pour dire que là tout de suite y a sur le cable miossec en live et que lui je l'ai adoré longtemps, qu'ensuite il m'a gonflé mais que LA FACTURE D'ELECTRICITE, bah j'aime bien).
Donc au final, le gosse de riche ne bandera pas pour le prix de son âme comme pourrait ne serait-ce qu'une seconde le pauvre, il bandera juste de savoir, enfin, qu'il deviendra aussi pourri qu'il pense mériter d'être depuis le jour où il a eu honte du monde dans lequel il évoluait/stagnait mais qu'il reniait qu'à moitié puisqu'il en vivait de ce monde, et c'est justement ça qu'il ne supporte pas, détester ce qu'il est mais ne rien faire pour changer ça (il aurait pu par exemple sortir de son 8ème pour se trouver une minette de pauvre et découvrir ce qu'il fait semblant de connaître en discutant chaque matin une minute avec le buraliste ou la secrétaire de son frère avocat).
* d'un milieu ni pauvre ni riche, ou alors l'un ou l'autre, là n'est pas la question car l'individu ici n'est pas un cliché, a eu l'intelligence naturelle dès le départ de savoir qui est qui, qui fait quoi, n'est jamais tombé dans la caricature dont nous sommes parfois victimes, lui, s'il vend son âme, c'est non par perversité mais par manque de foi. Le mec est athé (ou alors catho, musulman etc mais juste parce que ses parents l'ont baptisés ou sais pas quoi, mais le mec s'en fout, ne croit en rien de plus grand que l'Homme) ; il ne croit donc en rien de plus spirituel que l'effet d'une bonne bouteille de vin sur la poesie de comptoir. Et lui, s'il vend son âme, c'est simplement pour aller au bout de son humanité. Donc dans son desespoir apparent, il est juste le plus vivant et le moins cynique de tous ces cons qui donneraient leur âme à vendre au diable (heu, donner à vendre, pas français, tant pis, hein, t'as compris).
Bon evidemment, ça se discute tout ça.
Désolée, je crois que je viens de me taper un gros gros délire.
(oui, je trouve le désespoir charmant, j'aime les grands romantiques perdus, on a le droit d'être pétasse et gothique sans le savoir !)
Bah je viens de me relire et non, mon délire est très bien je trouve. ;)
Et si...
Et si, Jen, il n'était pas question d'argent dans ce marchandage avec le diable? Vendre son âme pour de l'argent c'est la brader.
Il y a mille bonnes raisons de vendre son âme. Pour sauver quelqu'un, pour se sauver soi-même, pour changer la vie des gens qu'on aime et les rendre heureux, pour faire revenir des morts à nos côtés, pour ne plus faire souffrir les autres, pour expérimenter le bonheur, pour revenir en arrière, pour gommer nos erreurs, pour avoir l'impression de plénitude, pour être seulement heureux, pour ne plus espérer, pour atteindre la sagesse, pour moins souffrir, pour avoir moins mal tous les jours que Dieu fait, pour atteindre l'illumination, pour enfin comprendre cette vaste plaisanterie qu'est la vie, pour avoir une capacité à jouir sur demande, pour devenir quelqu'un d'autre, pour goûter à nos rêves, pour repousser les limites, pour attraper la dernière balle... etc
Ou pour aller au bout de son humanité comme tu l'expliques toi même avec ton troisième cas (c'est marrant d'ailleurs, j'ai cru que tu me décrivais, à quelques détails près lol)
Si je pouvais vendre mon âme à Méphisto, j'espère qu'elle aurait assez de valeur pour que je n'ai à choisir entre ces différentes possibilités. J'espère que je pourrais devenir Dieu... ;) Que je suis prétentieux, hein? Le fait est que mon âme ne doit pas valoir bien plus que quelques Vodka Martini au Georges (très bonnes au demeurant).
Comme tu dis, tout ça se discute, définitivement. D'ailleurs, c'est aussi vrai de ta remarque sur un Beigbeder qui aurait du talent ;)
(je préfère de loin le moins que zero d'Ellis)
mais dans ce cas, on "donne" son âme au diable alors, et plus de problème ! ;)
Ah, parce qu'échanger son âme pour une des raisons que j'ai cité plus haut tu appelles ca "donner" toi? Donc si je te suis bien, tant qu'il n'est pas question d'argent tu considère que c'est un don?
Je ne peux croire que seul l'argent ait de la veleur pour toi ;=)
(je sais bien que c'est pas le cas)
Sinon, "Lent dehors" ca donne quoi? Tu as trouvé de la motiv' pour aller l'acheter?
Vendre son âme au diable, c'est justement la vendre au rabais. Personne n'a la place pour la loger notre âme alors lobotomisons-nous, les amis!
yes, acheté, entamé, jusqu'ici adoré, normal. Me demande pourquoi il n'est pas plus souvent cité lorsqu'on parle de Djian.
Et toujours lorsque je commence un nouveau roman, je lis et relis la première phrase : merde, comment font-ils pour la trouver ? Pourquoi je ne la trouve pas, la mienne ? A chaque fois que j'en pense une, une fois face à moi, noir sur blanc, je la trouve médiocre à la deuxième lecture. Pourquoiiiiiiiii suis-je nulle pour les débuts ?!!
Persévérer... ouais ouais
;)
Pr revenir à cette putain d'âme sournoise et espiègle, je n'ai effectivement absolument pas pensé à tous tes autres arguments, non pas que je sois du genre connasse à penser argent en lisant "vendre" mais si, finalement, puisque je scotche sur ce mot en l'associant à une valeur qui se compte en pépettes. C'est le terme vendre qui m'empêche de voir plus loin.
Je me serais dirigé vers certains de tes arguments (pas tous, certains relèvent de l'empirisme de chacun, c'est d'ailleurs ça qui sauve les malheureux devant leur copie blanche au bac philo !) si au lieu de vendre on aurait lu abandonner.
et puis merde, le terme acheter, ça te jette tout de suite dans un état d'esprit moins romantique !
bon on s'en fout, à cette heure ci, mon âme n'est plus très fraîche
sur ce, bon lundi, moi je me coucherai quand M sera devant ses aliens ;)
Content que le bouquin te plaise.
Pour ce qui est de la première phrase d'un roman, tu sacralises peut=être un peu trop non? Les vingt premières pages sont importantes, mais la première phrase, je crois pas.
Toi la spécialiste des premières phrases des romans, quelles sont celles qui sont remarquables (au premier sens du terme)?
Et puis si tout ce qui te manque pour terminer ton roman c'est une bonne accroche pour les tout premiers paragraphes, alors tu es à deux doigts de publier ;)
vendre son âme au diable
Franchement, vendre mon âme au diable, si c’était possible je le ferai de suite et en sautent.
Sans aucune hésitation je le ferais, car pour la vie que je mène depuis 32 ans, je ferai le grand saut pour quelques millions voir des milliards, et de vivre des choses intense, et de répandre autour de moi, le bonheur à mes dépends.
J’aiderais les enfants condamnées par leur maladie dés leur plus jeune âge, ou ils ont aucune chance de vivre longtemps, j’aiderais la recherche contre certaine maladie qui frappe les enfants d’un cancer, j’aiderais les pays sous développer, la ou les plein de pognons profite des citoyens sans ressource.
Donner mon âme pour moi, sa représente donner ma vie.
Y a tellement de malheur a cause justement du pognon, que le temps qui me resterais a vivre, je le partagerais avec le monde entier.
Salutation à tous
vendre son âme au diable
Vendre mon âme au diable, oh oui si je fixe moi même le prix: la virtuosité au violon.
(post d'une musicienne désespérée de son instrument...)
Sans argent il n'y aurait pas de pauvres ni de riches mais seulement des cons D.Salomé (1990-????)
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